Critique constructive du Plan Climat de Paris (par des citoyens inquiets)

Nous avons pris connaissance du nouveau plan climat de la ville de Paris et aimerions en émettre une critique constructive, et envisager une vision alternative à celle du progrès technologique et à la croissance verte, que nous pensons incapables de répondre aux enjeux de notre époque, notamment l’emballement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

 

Le Plan Climat de la ville de Paris ne nous semble pas répondre entièrement aux enjeux climatiques, écologiques et sociaux

Si le climat se définit par l’ensemble des phénomènes météorologiques qui caractérisent l’état moyen de l’atmosphère en un lieu donné, ce sont bien les interactions entre les différents systèmes naturels à l’échelle de la planète, qui le conditionne. Ainsi, une action locale contre le changement climatique ne peut à elle seule influer sur le climat. Les moyens mis en œuvre pour agir sur celui-ci et leurs répercussions, doivent donc être pensés à l’échelle globale. C’est sur la base de cette règle primordiale que nous proposons de fonder le Plan Climat de la ville de Paris.

La ville de Paris propose à travers ses objectifs et mesures, de développer fortement les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque…), de rendre la ville hyper-connectée et hyper-intelligente à travers la mise en place de hautes technologies, et de substituer les énergies fossiles nécessaires à ses activités par de l’énergie électrique. Nous pensons que toutes ces promesses, bien qu’elles permettent de développer de l’activité économique et de la rentabilité financière, ne répondent pas aux enjeux écologiques et climatiques qui nous semblent plus importants encore. Ainsi, miser l’avenir de nos enfants et de l’ensemble des autres espèces vivantes de la planète sur les nouvelles technologies et sur la mise en place de la « croissance verte » ou de la « transition énergétique » nous semble déraisonnable, et cela pour plusieurs raisons :

 

Écologiquement impactant

  • La fabrication des objets de la transition énergétique, basée sur les technologies et le numérique ou encore l’intelligence artificielle, nécessitent l’utilisation de nombreux métaux et terres rares. L’extraction et le raffinage de ces ressources constituent des désastres environnementaux et sociaux (pollutions air-sol-eau, exploitations des populations locales, destruction de la biodiversité sur place) [1].
  • Le carburant du développement des énergies renouvelables (ENR) est l’énergie fossile, principalement le pétrole et le charbon (processus industriels, transport, etc.), et donc toute la pollution induite. Le développement de ces technologies ne fait historiquement pas baisser la consommation d’énergie fossile : les pollutions et impacts associés s’additionnent donc [2].
  • L’augmentation des besoins en électricité (transports, dématérialisation, ENR, etc.) n’est pas compatible avec l’urgence de la diminution puis de l’arrêt du parc nucléaire, qui est une bombe à retardement et que nous devrions sérieusement penser à désamorcer. L’arrêt du nucléaire doit être une priorité en ce sens que les catastrophes associées seront inévitables et impossible à résoudre en cas de rupture d’approvisionnement en énergie (particulièrement en pétrole) ou en cas d’effondrement. Cela nous condamne sur le moyen terme.
  • L’objectif de la mise en place de ces énergies renouvelables pour alimenter nos modes de vie non-soutenables (fabrication de smartphones ou télévisions, généralisation des high technologies, société de consommation hors-sol…), ne permet pas de répondre aux enjeux écologiques qui en découlent (déforestation, surextraction de ressources, effondrement de la biodiversité, érosion des sols, perte de fertilité des terres agricoles…).

Cette dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire, accélérée par la mise en place des énergies renouvelables et de technologies high-tech, ainsi que l’incapacité de ces solutions à répondre aux enjeux écologiques, nous font penser que la croissance « verte » et le Plan Climat de la ville de Paris ne sont pas à la mesure des enjeux écologiques et climatiques, et sont donc discutables.

 

Techniquement risqué

  • Le pic de pétrole conventionnel semble avoir été atteint en 2006 (la date importe peu, ce qui importe c’est que c’est une ressource limitée, qui s’épuise) [3]. Ce qui veut dire que nos capacités de production industrielle, y compris les nouvelles technologies et ENR, vont aller, lors des années ou de la décennie à venir, vers des cycles décroissants, et in fine, de pénuries. La découverte d’autres réserves d’énergies fossiles (schiste) ne fait que reculer de quelques années l’échéance de ces pénuries (à des coûts écologiques très forts), car elles sont de la même façon en quantités limitées, et beaucoup moins rentables du point de vue du rendement énergétique [1]. Leur exploitation ne fait également que perdurer l’exploitation des populations locales et la destruction des milieux naturels. Pourrions-nous essayer de nous dispenser d’aller chercher les dernières gouttes de pétrole au plus profond de la forêt amazonienne ou de l’arctique et de l’antarctique ?

 

Insuffisant dans la lutte contre l’emballement climatique

  • 10 % des humains les plus riches au monde sont responsables de la moitié des émissions de CO2 et de la pollution de la planète [4]. Il s’agit de nous ! Ces 10 % correspondent à la majorité des populations des pays développés, et donc des métropoles comme la ville de Paris. Nos modes de vie sont aujourd’hui basés sur le capitalisme, l’extractivisme et le productivisme, et la consommation de masse. Ne serait-ce pas la cause de nos émissions et de nos crises écologiques ? Ces modes de vie sont permis par l’utilisation abondante d’énergie, élément indispensable pour fabriquer nos biens, les exporter, nous déplacer, utiliser toute sorte de services. Etre à la recherche d’une énergie illimitée, gratuite et disponible, ne nous permettrait que de maintenir ces modes de vie insoutenables, et donc de poursuivre la dévastation de la planète qui accentuent le dérèglement climatique et diminue notre résilience à ses conséquences. Ne pourrions-nous pas réorganiser les fonctions de la ville pour diminuer réellement notre impact sur le climat ?

 

Source de tensions politiques et sociales

  • Les marchés de l’extraction et du raffinage des métaux et terres rares, et maintenant de la fabrication des produits finis technologiques, sont en quasi-monopole en Chine, en Afrique ou encore en Amérique du sud. Cette dépendance économique créée de forts risques de ruptures d’approvisionnements, et de vives tensions géopolitiques (embargos, potentiels conflits et guerres) [1].
  • L’hyper connexion de notre système (gestion centralisée des données, optimisation des flux, plateforme internet, numérisation globalisée…) de la ville de Paris réduit quasiment à néant sa résilience en cas de perturbation (rupture énergétique, baisse de l’approvisionnement en électricité, sabotage, terrorisme, pannes, aléas climatiques…). La moindre perturbation plongerait la ville de Paris et ses habitants dans le chaos. Phénomène que nous avons par exemple pu observer ponctuellement et à une échelle très mesurée lors de l’épisode de neige du mois de février 2018, qui a provoqué la diminution des stocks de produits alimentaires frais dans les supermarchés parisiens. Aussi, nous rappelons que l’autonomie alimentaire de la ville de Paris est actuellement inférieure à une semaine [5].
  • L’essor des technologies, censé développer une ville « intelligente », nous en rend dépendant, et nous appauvrit. Les machines réfléchissent et font à la place des citoyen-nes, qui ne savent plus vivre sans, ni réfléchir sans. Nous devons au contraire apprendre de nouveau à subvenir le plus possible par nous même à nos besoins vitaux, que nous laissons de plus en plus aux mains des technologies et du monde industriel (l’agriculture et le monde du travail est envahi par les machines, je me nourris via internet, je me déplace via mon téléphone, je travaille via un ordinateur, je me chauffe/ferme mes volets/éteins mes lumières via mon bâtiment intelligent…).

Il nous semble important de donner l’occasion aux parisiens de retrouver leur autonomie individuelle et collective et de ne pas systématiquement la déléguer à des structures ou à des machines.

 

Des enjeux gigantesques qui nécessitent qu’on y accorde toute notre énergie et notre volonté

  • Le climat se dérègle de manière inédite à l’échelle de la planète. Inédite car pour répondre à l’argument des climatoseptiques qui consiste à expliquer que le climat a toujours oscillé entre périodes glacières et interglaciaires (plus chaudes), le réchauffement climatique que nous vivons se déroule sur une centaine d’années, et non pas sur plusieurs dizaines de milliers d’années comme ce fut le cas par le passé. Le changement climatique actuel (qui fait déjà des centaines de millions de réfugiés climatiques) est le résultat des activités humaines d’il y a 40 ans (à +/- 15 ans c’est ce qu’on appelle l’inertie climatique) lorsque la population mondiale était quasiment inférieure de moitié. Donc nos activités actuelles ne se répercuteront sur le climat que dans 40 ans. L’horizon 2050, souvent cité par ce plan climat, sera impacté beaucoup plus lourdement par le changement climatique [6]. Ce désastre planétaire est le fruit de nos activités, c’est-à-dire notre « développement » ou notre « croissance ». Nous ne pensons pas qu’il y ait de manière de continuer à « croître » ou de se « développer » sans continuer à aggraver la situation, même si cette croissance est dite « verte ». Dennis Meadows, co-auteur du rapport au club de Rome sur les limites de la croissance rappelle d’ailleurs qu’il est désormais trop tard pour le développement durable et que nous devons mettre en place des systèmes résilients pour affronter les chocs [6].
  • La biodiversité s’effondre. Nous parlons aujourd’hui de la 6ème extinction de masse (65 millions d’années après l’extinction des dinosaures) [7]. Cela est également le fruit de nos activités. Nous déforestons les forêts et détruisons les milieux naturels pour nous urbaniser ou pour notre agriculture, ce qui détruit l’habitat des écosystèmes, et dérègle le climat. Nous émettons des pollutions à travers nos industries qui perturbent les milieux terrestres, marins et l’atmosphère. Ce n’est pas seulement le fait de brûler du pétrole que nous souhaitons remettre en cause, mais nos modes de vie qui le nécessite. Les ressources que nous extrayons chaque jour pour alimenter ces modes de vie se font au prix de désastres humains et environnementaux (destruction des terrains, pollutions des sols et des cours d’eau). Toutes les high-technologies actuelles de la croissance verte (panneaux photovoltaïques, batteries de voitures électriques, appareils électroniques en domotique ou pour les smartgrid) contribuent à cela.
  • Les ressources se raréfient. C’est le cas notamment de deux types de ressources sur lesquelles sont basées toute notre société : le pétrole et les métaux. Aujourd’hui, le pic de pétrole conventionnel est dépassé, et notre consommation va donc inéluctablement diminuer (et donc toutes nos activités). De plus, les métaux dont nous avons besoin pour « assurer la transition énergétique » nécessitent l’utilisation de pétrole pour être extraits. Pétrole qui, lui, a besoin de plus en plus de métaux (machines) pour être extrait. Il semble évident alors que nous allons bientôt manquer de pétrole, et de métaux [1]. Il nous semble urgent de s’emparer de ce sujet et d’anticiper la fin de ces ressources afin qu’une chute brutale de nos activités ne viennent pas plonger le territoire dans une situation inconnue et sujette à de potentielles violences
  • Nous faisons face à un probable effondrement prochain de notre société thermo-industrielle. Ce sujet étant de plus en plus documenté et reconnu grâce notamment aux travaux de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens (le livre Comment tout peut s’effondrer, ainsi que bon nombre de conférences et d’interventions dont une au ministère de l’économie), ou encore d’Yves Cochet, ex-ministre de l’environnement, ou du rapport du Club de Rome sur les limites de la croissance. Cet effondrement entraînerait une situation mondiale dans laquelle les institutions ne peuvent plus subvenir aux besoins vitaux des populations. Il ne s’agit pas de faire peur, mais simplement d’affronter la réalité pour se donner les moyens de s’y préparer [8].

Il nous semble évident que nous sommes à la veille de grands bouleversements (qui sont d’ailleurs déjà en cours un peu partout dans le monde) et que nous devons pacifiquement nous y préparer. Pour cela, nous pensons qu’il faut repenser la ville de Paris et son organisation.

 

Vers une Ville de Paris écologique et résiliente

Sur la base de ce constat, nous aimerions inviter la Ville de Paris ainsi que tous les citoyens-nes à s’engager dans une transition profondément écologique, reposant sur les principes de soutenabilité et de résilience. Nous préconisons ainsi de mettre en place une politique qui concilie bon sens, simplicité, et cohabitation avec l’ensemble du vivant. Le temps nous est malheureusement compté, d’où l’urgence de la situation.

Plutôt que de traiter les conséquences de dysfonctionnements que nous alimentons (recherche incessante de croissance, fuite en avant technologique, dépendance forte à l’industrie et aux importations, etc.), il nous semble vital de les affronter à la racine. A travers son Plan Climat, la Ville de Paris peut devenir un territoire qui replace la bonne santé de la biodiversité (y compris des humains) et l’atténuation du changement climatique, au cœur de ses enjeux, et par la même occasion devenir résiliente et affronter les défis de demain (matin) le plus sereinement possible. Il s’agit pour cela de :

  • Assurer l’autonomie alimentaire de la ville de Paris : Nous rappelons que les stocks de nourriture de la ville de Paris ne peuvent pas alimenter la population plus d’une semaine. La recherche d’autonomie alimentaire par de la production locale et citoyenne est donc une question vitale, et doit se faire en régénérant les sols et les écosystèmes. La faisabilité et le potentiel d’un tel chantier sont prouvés par les projets de permaculture [9].
  • Réduire ses besoins énergétiques : Soutenir la sobriété des modes de vie, plutôt que le consumérisme qui pousse à la recherche de croissance, dont les impacts sociaux et écologiques sont problématiques.
  • Réduire ses besoins en importation : Relocaliser les activités sur le territoire francilien pour l’alimentation, pour les objets du quotidien, pour les technologies, l’énergie, les matériaux, etc. S’appuyer sur le réemploi, la réparation et le recyclage des produits et des métaux, le développement des marchés de l’occasion, l’énergie type biomasse, etc.
  • Réduire ses besoins en déplacements : Pour se préparer à la fin de l’abondance en énergie, les modes de déplacement « doux » doivent être développés mais surtout, les besoins en déplacements doivent être réduits (grâce notamment aux commerces et services de proximité, au télétravail, etc.).

Au-delà du tableau noir que renvoi ce constat, le projet de ville, de société et de vie qui découlerait de ce territoire écologique et soutenable offre de merveilleuses perspectives à la population. Des perspectives renvoyant directement aux fondements de la république française : Liberté, Egalité, Fraternité. Renoncer à la recherche permanente de croissance économique (même verte !), qui s’avère être climaticide, pour guérir et restaurer, plutôt que changer continuellement les pansements d’une terre et d’une société malade. La ville doit mettre en place un système permaculturel, c’est-à-dire qui répare les écosystèmes tout en répondant à nos besoins vitaux : air, eau, nourriture, logement/bâti, énergie, corps social [9]. C’est l’objectif du mouvement des villes en transition dans lequel les citoyen-nes et élu-es sont engagés dans un processus d’adaptation de leur politique/fonctionnement communal aux enjeux évoqués précédemment [10]. Faire en sorte que Paris puisse subvenir à ses besoins en cas de crise économique, écologique et/ou globale.

Nous sommes de tout cœur avec vous pour lever le rideau sur les coulisses d’un monde qui s’effondre, et amorcer une transition écologique à travers vos responsabilités en tant que législateurs et représentants du peuple. Nous pouvons et devons ne plus fermer les yeux sur la délocalisation de la pollution, du savoir, et sur notre dépendance au système industriel. Nous pouvons assumer une position à contre-pied de l’engouement mondial pour les nouvelles technologies et la croissance, afin d’assurer au territoire francilien un avenir viable et pérenne pour sa population et ses générations futures. Et que cet engagement soutenable puisse inspirer tout territoire en quête d’un avenir sous contrôle.

Pour nous contacter : des.citoyens.inquiets@gmail.com

Sources :

[1]
https://www.francetvinfo.fr/monde/chine/les-consequences-environnementales-alarmantes-de-lextraction-des-metaux-rares_2576082.html
– Livre de Philippe Bihouix : L’âge des low tech, vers une civilisation soutenable
– Livre de Guillaume Pitron : La guerre des métaux

[2]
http://adrastia.org/graphiques-manquants-fossiles/
http://adrastia.org/transition-2017-1-realite/

[3]
https://www.usinenouvelle.com/article/le-pic-petrolier-a-ete-atteint-en-2006.N143515

[4]
https://www.lesechos.fr/02/12/2015/lesechos.fr/021526858201_les-10–d-habitants-les-plus-riches-rejettent-la-moitie-du-co2.htm

[5]
https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=D&idee=1712

[6]
– Sur l’inertie climatique : http://adrastia.org/cop21-mission-impossible/
– Reportage d’Arte sur Dennix Meadows : https://www.youtube.com/watch?v=tJRtdyPGAOw&feature=youtu.be
http://www.institutmomentum.org/breves/dennis-meadows-au-smithsonian-institute/

[7]
http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/07/10/la-sixieme-extinction-de-masse-des-animaux-s-accelere-de-maniere-dramatique_5158718_1652692.html
– Intervention d’Hulot à l’assemblée : https://www.youtube.com/watch?v=704UQ0vd20g

[8]
– Conférence de Pablo Servigne sur l’effondrement : https://www.youtube.com/watch?v=3q54510-HW8&t=1981s
– Entretien avec Yves Cochet concernant l’effondrement : https://www.youtube.com/watch?v=3NCrj_fa2hU&t=1s
– Rapport Meadows : https://fr.wikipedia.org/wiki/Halte_%C3%A0_la_croissance_%3F
– Intervention de J.M Jancovici : A quand la rupture énergétique ? https://www.youtube.com/watch?v=2JH6TwaDYW4

[9]
– Eric Escoffier présente la permaculture et pourquoi elle est nécessaire pour restaurer la planète : http://permaculture-sans-frontieres.org/fr/page-de-la-video-l-humanite-survivra-t-elle-a-l-agriculture-et-a-la-technologie-et-pourquoi-la-permaculture
– Muriel Douru, rédactrice des Chroniques d’une citoyenne engagée, explique dans cette BD pourquoi la permaculture est l’inverse de nos sociétés actuelles :  https://mrmondialisation.org/la-permaculture-est-tout-linverse-de-notre-societe-actuelle/

[10]
– Mouvement des villes en transition :  http://www.entransition.fr/

 

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